Grinchounet apparaît

Un matin, alors que le Grinch sortait relever son courrier,

Il découvrit dans son berceau abandonné

Un bébé Grinch devant sa maisonnée.


Quelle ne fut pas sa surprise de contempler ce nouveau-né

Tout vert, tout poilu, qui lui ressemblait trait pour trait.

Le Grinch était à la fois effrayé et émerveillé.


Une foule de questions se pressaient dans sa tête perturbée :

Ce petit Grinch, qui donc l’avait laissé devant sa porte d’entrée ?

Etait-ce un autre ami Grinch, une connaissance, une parenté ?

Comment se l’expliquer ?

Ni courrier ni missive n’accompagnaient le berceau qui gisait là, esseulé,

Avec en son sein un bébé Grinch essoufflé de brailler.


Ses cris étaient si intenses – de faim, de froid, de frayeur – qu’ils couvrirent un long moment

Les chants des Chous balbutiants.

Voilà donc ce qui me faisait défaut

Songea le Grinch, un complice qui eût l’étoffe d’un héros.


Aussitôt dit, aussitôt fait ; le Grinch ne chercha point à restituer le nouveau-né

Mais entreprit de l’éduquer.

C’était la première fois

Qu’il goûtait aux joies

De la paternité.

Son cœur, qui, de petit,

S’était grâce à Noël élargit,

Devint alors immense.


Il considérait le bébé

Comme son digne héritier.

Il apprit à langer,

A faire à manger,

Et même, à faire rire pour amuser le bébé,

Qui, comme tous les Grinch, grandissait à une vitesse démesurée.

Bientôt il put seul se nourrir,

Vaquer à ses propres loisirs,

Et même jouer avec le Grinch.


Sur la lande rocailleuse on les voyait parfois déambuler,

Leur promenade rythmée

Par les aboiements de Max le canidé.

Ce n’était plus que jeux, courses poursuites, parties de cache-cache,

Et le Grinch, émerveillé des progrès de Grinchounet,

Peu à peu oubliait les Chous.


Ceux-ci se rappelèrent à son bon souvenir diabolique

Lorsqu’ils lui envoyèrent l’invitation à la Fête de la musique.

Le Grinch, grisé du bonheur de la paternité,

L’avait presque oubliée !


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